Les racines de Géomètres professionnels du Canada : la petite histoire du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres

À partir du concept original d’un organisme national de coordination des associations d’arpentage au Canada imaginé en 1968 par John Pope, le Conseil canadien des arpenteurs-géomètres est né, a grandi, a évolué et s’est maintenant transformé afin de faire face à de nouveaux défis au nom de tous les arpenteurs-géomètres en tant que Géomètres professionnels du Canada : promouvoir une profession d’arpenteur-géomètre dynamique et intégrée à l’échelle nationale.

Le Conseil canadien des arpenteurs-géomètres – la vision d’une collaboration nationale

La création du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres

Les années 1990

Un nouveau millénaire

Tourné vers l’avenir avec Géomètres professionnels du Canada

Le Conseil canadien des arpenteurs-géomètres – la vision d’une collaboration nationale

L’idée de la formation de ce qui est devenu le Conseil canadien des arpenteurs-géomètres revient à M. John Pope, NSLS, de Sydney (Nouvelle-Écosse). John était alors le président de l’Association of Nova Scotia Land Surveyors et en route pour le congrès de « Annual Convention of the Canadian Institute of Surveying » (CIS) à Edmonton en 1968, il a pensé que ce serait une bonne idée si les présidents de toutes les associations provinciales d’arpenteurs pouvaient se réunir une fois par année pour discuter de questions d’intérêt commun. John a mentionné l’idée à plusieurs de ses collègues présidents qui l’ont convaincu de poursuivre son idée.

La première réunion des présidents provinciaux a eu lieu le 6 février 1969 dans la salle Champlain de l’hôtel Château Laurier à Ottawa, en conjonction avec le congrès annuel de CIS La réunion était convoquée par un comité de l’ACSG pour explorer la faisabilité d’organiser une assemblée annuelle des présidents provinciaux. Le concept a été trouvé réalisable et des plans ont été préparés pour que les présidents se réunissent régulièrement.

Les réunions ont eu lieu deux fois par année, la première en conjonction avec le congrès de l’ACSG et la deuxième à l’automne de chaque année.

À la cinquième réunion à Toronto en 1971, une discussion considérable a porté sur la formation d’une organisation nationale permanente de coordination. La réunion, présidée par M. L.R. Feetham de la Nouvelle-Écosse, a adopté la résolution suivante.

Résolution pour étudier la création du CCAG

Proposée par M. R.A.E. Tate (Alberta), appuyée par M. K.C. Kirkup (Ontario)

ATTENDU QU’il y a un besoin reconnu de coopération plus étroite entre les organisations provinciales d’arpenteurs.

ATTENDU QU’il y a un besoin reconnu d’une discussion continue et de consultations sur des questions comme l’enseignement, l’autorisation, les normes et l’éthique.

IL EST RÉSOLU QUE : Cette réunion approuve en principe la création d’un organisme de coordination permanent composé de représentants de toutes les associations provinciales d’arpenteurs, et

QU’on demande aux présidents provinciaux de discuter de cette question avec leurs associations respectives, et

QUE le président de cette réunion, R. Feetham, assume la responsabilité d’organiser l’étude continue des moyens d’atteindre les objectifs de cette résolution, et

QU’un rapport provisoire sur l’étude soit soumis au déjeuner des présidents à Québec le 3 février 1972.

Motion adoptée à l’unanimité.

La réunion suivante des présidents provinciaux a eu lieu au Château Frontenac de Québec le 2 février 1972 à l’occasion du congrès de l’Association canadienne des sciences géomatiques. Le président était M. L.R. Feetham de la Nouvelle-Écosse. Une ébauche des lettres patentes a été discutée mais sans que la question soit tranchée. Un comité permanent, connu sous le nom de « Comité spécial », a été établi pour entreprendre les études et le travail associé à l’établissement d’un organisme de coordination permanent. M. Feetham a été nommé président du comité avec M. Fred Pearce (Ontario), M. Marcel Levêque (Québec) et M. Bernand White (C-B) comme membres.

La septième réunion des présidents provinciaux a eu lieu à l’hôtel Constellation de Toronto les 22 et 23 septembre 1972. M. J.B. Bolton du Nouveau-Brunswick était le président. La résolution suivante concernant la formation du CCAG a été adoptée :

Résolution d’approbation de principe pour créer le CCAG

Proposée par M. R. Feetham, appuyée par M. M. Gaudreault

ATTENDU QUE les présidents à la réunion d’octobre 1971 ont approuvé en principe la création du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres.

ATTENDU QUE cette réunion a réétudié et endossé cette décision, et

ATTENDU QU’il existe la nécessité d’un échange et de la recherche d’information, de la normalisation des qualifications, de la réciprocité et de la coopération sur d’autres questions professionnelles,

IL EST RÉSOLU QU’on demande à chaque association, lors d’une assemblée annuelle ou spéciale, d’approuver ce qui suit :

a. Approbation de principe de la formation du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres en coopération avec CIS.

b. Cotisation de quatre dollars (4,00 $) par membre actif pour contribuer au développement de cette organisation.

c. Que les résultats de (a) et (b) ci-dessus soient soumis pour la réunion des présidents du 24 avril 1973 avec une date d’achèvement provisoire en avril 1974.

Résolution adoptée.

Chaque fois que des discussions ont eu lieu sur la création d’une nouvelle organisation, une partie de la discussion a porté sur le genre d’organisation et sa structure. À mesure que les réunions et les discussions ont progressé, la structure du Conseil canadien des ingénieurs (CCI) a été favorisée, et c’est cette structure qui a été adoptée finalement. Les règlements du CCAG ont pris étroitement pour modèle ceux du CCI au moment de l’incorporation.

Une grande partie de la discussion a porté sur la question de savoir si la nouvelle organisation devrait demeurer au sein de l’Association canadienne des sciences géomatiques ou devrait être établie comme une organisation séparée. Plusieurs présidents se préoccupaient authentiquement qu’une organisation séparée affaiblisse sérieusement CIS et disait que cela ne devrait se produire. D’autres pensaient que les objectifs à long terme de la nouvelle organisation étaient très différents de ceux de CIS et que le nouvel organisme devait donc être indépendant.

La création du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres

M.C.H. Weir, président de l’ACSG, a prononcé un discours d’accueil à la dixième réunion des présidents provinciaux tenue à l’hôtel Vancouver (C-B) le 2 avril 1974. M. Maurice Gaudreault du Québec était président. Dans son discours, M. Weir a présenté une ébauche de charte pour la création du CCAG, telle que proposée par CIS. Il a indiqué que la charte se voulait un compromis entre les provinces voulant que CIS soit un participant actif et ceux qui étaient d’avis que CIS ne devrait pas faire partie du CCAG. La charte a fait l’objet d’une discussion au cours de la réunion et a été renvoyée au Comité spécial pour examen.

Par la suite, la décision a été prise que le CCAG serait une société à charte séparée et, à la onzième réunion à Ottawa, il y a eu une discussion considérable concernant une entente officielle avec l’Association canadienne des sciences géomatiques. Un protocole d’entente a par la suite été rédigé et approuvé par les présidents à la douzième réunion à Fredericton (Nouveau-Brunswick), sous réserve de la ratification de l’Association of Manitoba Land Surveyors.

À la treizième réunion, tenue au Centre national des Arts d’Ottawa (Ontario) le 25 octobre 1975, le président Grenville T. Rogers de l’Ontario a indiqué que la constitution en société du CCAG n’était plus qu’une question de mise au point des détails. Dans le rapport de M. Feetham, il était fait mention que l’entente avec l’ACSG avait été transmise à toutes les provinces mais qu’on devait attendre jusqu’après l’incorporation pour que le CCAG puisse l’approuver. L’ACSG a indiqué qu’elle approuverait l’entente sans délai.

La quatorzième réunion des présidents provinciaux a eu lieu le 16 février 1976 à l’hôtel Inn on the Park de Toronto (Ontario). M. Grenville T. Rogers de l’Ontario était encore le président. Cette réunion a eu lieu juste après l’incorporation (10 février 1976). Toutefois, les trois demandeurs de l’incorporation, MM. Pearce, Blanchet et Feetham, étaient encore les trois seuls administrateurs, de sorte que le CCAG n’était pas réellement fonctionnel. On espérait qu’au moment de l’assemblée annuelle de l’ACSG à Winnipeg, le CCAG pourrait être opérationnel.

La réunion a porté sur de nombreuses tâches d’organisation comme l’établissement de comités pour s’occuper de fonctions opérationnelles et de questions d’intérêt commun.

La première réunion des membres du CCAG

Dans le cadre de cette quatorzième réunion, la première assemblée des membres du CCAG a eu lieu. MM. Pearce et Blanchet se sont réunis à cette fin (M. Feetham était absent). M. Pearce a été nommé président de la réunion.

Au procès-verbal de cette réunion, on peut lire : « Il présente ensuite la charte et déclare The Canadian Council of Land Surveyors – Le Conseil Canadien des arpenteurs géomètres comme organisme constitué en société. »

Les élections pour le premier conseil d’administration ont eu lieu, élisant M. Pearce à titre de président, M. Feetham vice-président et M. Blanchet secrétaire-trésorier.

Les premières réunions du Conseil canadien des arpenteurs géomètres (sous ce nom) ont eu lieu au Holiday Inn de Winnipeg (Manitoba) du 18 au 20 mai 1976. La réunion du 18 mai s’est ouverte avec M. A. MacTaggart, président de l’Association of Manitoba Land Surveyors à la présidence. Une discussion a suivi immédiatement concernant la structure et les activités du nouvel organisme. Un comité de mise en candidature a été établi pour nommer une liste d’administrateurs. M. J.R. George de la Saskatchewan a été élu président, M. M. Gaudreault du Québec a été élu vice-président et M. D.W. Crandall du Manitoba a été élu secrétaire-trésorier. M. George a assumé la présidence comme premier président du Conseil canadien des arpenteurs-géomètres.

Les années 1990

En 1992, le CCAG a examiné sa prochaine phase de croissance. Il avait réalisé bon nombre de ses objectifs originaux et il devait planifier activement pour l’avenir.

À cette époque, l’Ordre des arpenteurs-géomètres a décidé de retirer son soutien au CCAG, ce qui a donné lieu à une grande diminution à court terme des fonds disponibles pour exercer toutes ses fonctions. Toutefois, comme pour tous les arpenteurs à ce moment, des changements ont été apportés pour tenir compte des recettes réduites.

En 1993, le CCAG a adopté un plan stratégique complet qui couvrirait les années 1993 à 1996. Le plan a été adopté par le conseil d’administration et approuvé en principe par chacune de associations membres. Le plan proposait trois principes importants :

  1. Le mandat des administrateurs du CCAG devrait être de trois ans afin de promouvoir la continuité.
  2. Le CCAG continuera de maintenir un petit nombre de comités permanents mais la plupart des tâches seront accomplies sur « une base de gestion de projet ».
  3. On devrait mettre plus d’accent sur la communication.

Devant la nécessité d’améliorer la communication et la retraite imminente du secrétaire-trésorier, on devait trouver une personne qui pourrait s’occuper de l’administration du bureau mais qui passerait la majeure partie de son temps à des activités de communication.

Diane Sims a été embauchée en 1993 comme directrice du bureau. Avec le comité éditorial, elle a créé un nouveau magazine à papier lustré appelé Focus qui serait publié deux fois par année et serait autosuffisant grâce aux recettes de la publicité. Un Bulletin de moindre envergure a également été créé et devait être publié six fois par année.

Diane Sims a travaillé comme directrice de bureau de 1993 à 1995. Dans ses fonctions, avec l’aide du comité éditorial, elle a créé un nouveau magazine lustré nommé Focus, lequel sera éventuellement publié deux fois par année et auto-financé par des revenus publicitaires. Un bulletin de nouvelles moins volumineux, le Bulletin, fut également créé et conçu pour être publié six fois par année.

En 1995, l’Association des arpenteurs-géomètres de l’Ontario fut le héraut d’une proposition par laquelle elle offrait de fournir une base opérationnelle pour les activités du CCAG et Brian Munday, un membre du personnel de l’AAO, deviendrait le directeur exécutif du CCAG. Cette proposition fut acceptée par le conseil du CCAG en juillet 1995. En 1998, Sarah Cornett, A.-G.O., fut nommée directrice exécutive du CCAG, en vertu de la poursuite de l’entente avec l’AAO.

L’entente d’origine d’une durée de 5 ans avec l’Association des arpenteurs-géomètres de l’Ontario se termina en 2000 et le conseil d’administration détermina qu’afin d’aller de l’avant et d’améliorer l’efficacité du CCAG il était nécessaire de s’engager dans une nouvelle voie : il fallait un directeur exécutif ou une directrice exécutive consacré(e) uniquement au CCAG ainsi que des bureaux à part entière. L’Association canadienne des sciences géomatiques et l’Association des arpenteurs des terres du Canada étaient au même moment à la recherche d’une nouvelle localisation pour leurs bureaux à Ottawa et il fut convenu que le CCAG se joindrait à ces deux organisations et partagerait avec elles un espace à bureaux afin d’être située au cœur de la capitale nationale et d’améliorer ses communications avec les autres organisations relatives aux sciences géomatiques.

Un nouveau millénaire

Lors de l’Assemblée générale annuelle de janvier 2001, l’Association des arpenteurs des terres du Canada, qui avait obtenu le pouvoir de s’auto-administrer en mars 1999, devint un membre à part entière du CCAG,alors que Carl Friesen, de Whitehorse (Yukon), devenait le premier administrateur des terres du Canada auprès du CCAG.

Au cours des cinq années qui suivirent, le Conseil canadien des arpenteurs-géomètres perpétua et renforça son rôle et son utilité en tant que forum servant à la communication et à la collaboration pour les 11 associations membres qu’elle comptait maintenant. La profession d’arpenteur-géomètre continua à vivre de profonds changements, faisant apparaître de nouveaux enjeux et défis en raison de disciplines en pleine évolution, de technologies améliorées et d’applications étendues au sein de la profession plus large des sciences géomatiques.

Lors de l’Assemblée annuelle 2006, à Wolfville (Nouvelle-Écosse), le conseil d’administration souligna les évolutions du moment et les nouveaux défis à affronter. Cela servit à modifier la direction stratégique de la profession d’arpenteur-géomètre au niveau national. Il fallait se poser la question : comment le CCAG peut-il évoluer en tant qu’organisation afin de servir le plus efficacement possible la profession et d’assurer sa viabilité et sa croissance. Les germes d’une nouvelle organisation, Géomètres professionnels du Canada, venaient d’être plantés.

Plusieurs assemblées, réunions et discussions prirent placent entre les acteurs clés au cours des 4 années qui suivirent. Il fut décidé qu’une nouvelle organisation pourrait mieux prendre en charge la nouvelle direction stratégique. Le conseil d’administration du CCAG approuva la nouvelle structure de gouvernance qui servirait non seulement les géomètres détenant un permis d’arpentage, mais également toutes les catégories d’arpentage professionnel.

Cette nouvelle organisation continuerait à fournir des services aux organismes d’attribution des permis et servirait de plateforme nationale, mais étendrait ses services à chacun des arpenteurs-géomètres professionnels canadiens avec pour mission de « défendre les intérêts de ses membres en favorisant et en créant un milieu dans lequel leur travail sera apprécié et reconnu comme jouant un rôle dans l’enrichissement du tissu de la société pour le bien-être des Canadiens ».

Tourné vers l’avenir avec Géomètres professionnels du Canada

Depuis le concept d’origine élaboré par John Pope en 1968, le CCAG est passé par 14 réunions des présidents provinciaux avant de devenir une société à charte fédérale. Au cours de ses trente années et plus d’existence, le CCAG a vu sa stature et sa crédibilité augmentées, non seulement aux yeux de ses associations membres, mais également auprès de toute la profession de l’arpentage. Il a maintenant évolué au point de pouvoir faire aux futurs défis au nom de la profession des arpenteurs-géomètres, en devenant Géomètres professionnels du Canada, association qui fera la « promotion d’une profession dynamique et intégrée à l’échelle nationale ».

Ensemble, en tant que communauté, par le biais d’une organisation nationale d’arpenteurs-géomètres professionnels axée sur les membres individuels, nous ferons en sorte d’accomplir la vision de Géomètres professionnels du Canada, soit que « tous les Canadiens et Canadiennes en viennent à reconnaître l’art et la science inhérents au rôle de l’arpenteur-géomètre ».